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Germain d'Auxerre bénit Geneviève<br>Eglise Saint Thomas d'Aquin - Paris (7)
SAINTE GENEVIÈVE
Germain d'Auxerre bénit Geneviève
Eglise Saint Thomas d'Aquin - Paris (7)

Geneviève (vers 420 - vers 500)

L’existence de sainte Geneviève, qui se déroule entre la fin de l’empire romain et l’établissement de la monarchie franque, est relatée dans le manuscrit de sa « vita » : cette biographie aurait été rédigée à la demande de sainte Clotilde, épouse de Clovis. L’auteur serait un prêtre catholique burgonde très opposé à l’arianisme, hérésie condamnée au concile de Nicée en 325. L'auteur est manifestement très cultivé et connaît les auteurs latins. Il n’a sans doute jamais rencontré Geneviève mais il a recueilli des témoignages auprès de témoins directs.
Ce document aurait été écrit 18 ans après la mort de Geneviève et daterait des années 520 à 530.

La naissance de Geneviève à Nanterre se situerait vers 420 et sa mort à Paris vers 500. Ses parents, Sévérus (Franc romanisé) et Gérontie, appartiennent à l’autocratie gallo-romaine ; ils donnent à leur fille unique un nom germanique qui signifie « née au sein d’une femme » ; Geneviève est citoyenne romaine et, par le code juridique alors en vigueur, exercera la charge de magistrat municipal de son père. Il est clair qu’elle dispose d’importants revenus et gère ses vastes domaines dans les environs de Paris et de Meaux.

rencontre avec Germain d'Auxerre

Elle est encore petite fille (entre 7 et 9 ans) lorsqu’elle rencontre à Nanterre deux évêques : Germain d’Auxerre et Loup de Troyes. Ceux-ci voyageaient vers la Grande-Bretagne : à la demande du pape célestin 1er, ils allaient combattre l’hérésie pélagienne (qui minimisait le rôle de la grâce). Sur le bord de la Seine, Nanterre est une halte commode. Saint Germain repère la petite Geneviève lors d'un office religieux et lui propose de se consacrer au Seigneur : après avoir obtenu son assentiment, il en parle à ses parents. En souvenir de cette promesse, il remet à l’enfant, comme pendentif, une pièce de monnaie marquée d’une croix.

Eglise Ste Geneviève - La Chapelle la Reine 77

 

Vers 25 ans, ses parents étant morts, elle part habiter Paris et succède à son père à la tête du domaine familial et dans la participation à la direction de la ville. Elle s’impose comme une femme d’affaires, propriétaire de riches terres dont elle a fait bénéficier les Parisiens les plus pauvres, et comme une femme politique avisée prenant peu à peu en main les destinées de la célèbre cité. Elle rencontre alors de nouveau saint Germain de passage dans la ville.

Source : Fondation Sainte Geneviève

Geneviève et sa mère Géroncia

Géroncia, la mère de Geneviève, ne croyait guère à la révélation de Saint Germain. Quelques années plus tard, elle défendit à sa fille de se rendre à un office religieux. Comme celle-ci insistait, elle l'a gifla, et fût aussitôt frappée de cécité.
Géroncia resta plongée dans le noir pendant plusieurs mois jusqu'au jour où, alors qu'elle puisait de l'eau pour sa mère, Geneviève ne put retenir ses larmes en pensant au malheur qui frappait sa mère. A son retour, Géroncia lui demanda de faire le signe de la croix sur l'eau qu'elle venait de puiser. Geneviève s'exécuta, un peu surprise. Tout en se lavant les yeux, sa mère lui expliqua qu'ayant compris son erreur, elle avait demandé pardon au Seigneur et ne s'opposerait plus désormais à la vocation de sa fille. Et aussitôt, Géroncia retrouva l'usage de ses yeux.

Eglise St Séverin - Paris (5)
Eglise St Séverin - Paris (5)
Eglise St Gervais St Protais - Paris (4)
Eglise St Gervais St Protais - Paris (4)
Eglise St Bernard de la Chapelle - Paris (18)
Eglise St Bernard de la Chapelle
Eglise St Bernard de la Chapelle - Paris (18)
Paris (18)

Saint Germain et Sainte Geneviève

Dans sa lutte contre le pélagianisme, Germain fait deux voyages en Bretagne, en 430 et 448.
C'est lors de son premier voyage, accompagné par saint Loup, évêque de Troyes, qu'il rencontre une petite fille âgée de moins de dix ans, qu'il consacre à Dieu et qui deviendra Sainte Geneviève.

Dix-sept années plus tard, il revoit Geneviève à Lutèce, lors de son second voyage en Angleterre. Comme Germain, elle choisit l’Église et l’empire. Ce calcul politique la conduisit à soutenir les Francs païens, à favoriser leur expansion, et à les inciter à se convertir au catholicisme. Ce fut le triomphe posthume de Germain : Geneviève, sa fille spirituelle, permit la construction d’un royaume à la fois chrétien et romain, qui donna naissance à la France.

Germain d'Auxerre bénit Geneviève - Eglise St Eustache - Paris (1)
Germain d'Auxerre bénit Geneviève
Eglise St Eustache - Paris (1)
Eglise St Germain l'Auxerrois - Paris (1)
Eglise St Germain l'Auxerrois - Paris (1)
Eglise St Nicolas des Champs - Paris (3)
Eglise St Nicolas des Champs - Paris (3)

Geneviève et les huns

Au printemps 451, Attila franchit le Rhin. Auparavant, les huns ont détruit Cologne. Ils ont incendié Metz le 13 avril, Verdun, Laon, St-Quentin, Reims et franchissent la Marne. Le bruit court qu'ils allaient envahir Paris. Les Parisiens voulaient fuir et s’opposent à Geneviève qui le leur déconseille. Ce serait livrer Paris à Attila alors que Geneviève pense qu’il contournera la ville. Malgré l’hostilité des Parisiens, elle réunit quelques femmes pour prier le Seigneur de protéger la ville. « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications ». En effet, apprenant que Paris était défendu, les Huns optent pour attaquer Orléans directement, passent la Loire et prennent les terres Wisigothes d’Aquitaine. C’est à Orléans, le 24 juin 451, qu’ils seront vaincus par Aetius, arrivé d’Italie.
La clairvoyance de Geneviève lui attire la bienveillance du peuple de Paris. Elle joui, depuis d’un grand prestige et d’une grande autorité.

Sainte Geneviève arrête Attila et les Huns<br>Eglise St Gervais St Protais - Paris (4)
Sainte Geneviève arrête Attila et les Huns
Eglise St Gervais St Protais - Paris (4)

Geneviève et la famine à Paris

Les Francs, par leur présence permanente dans l’Est et en Ile de France entre 470 et 480, finissent par couper les relations commerciales traditionnelles de Paris. Les approvisionnements alimentaires venant à manquer, une période de famine s’installe. Geneviève se rend alors à Arcis-sur-Aube pour négocier un ravitaillement. Elle réquisitionne des bateaux et remonte la Seine. Arrivée à Arcis-sur-Aube, elle est reçue par le tribun Passivus dont elle guérit la femme malade. Elle négocie sur place le blé nécessaire.

En 465, elle s'oppose à Childéric Ier, qui entreprend le siège de Paris, en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville avec du blé de la Brie et de Champagne, forçant alors le blocus.

Sainte Geneviève distribue du pain aux parisiens<br>Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle - Paris (2)
Geneviève distribue du pain aux parisiens
Eglise Notre-Dame de Bonne Nouvelle
Paris (2)
Sainte Geneviève distribue du pain aux parisiens<br>Eglise de la Ste Trinité - Paris (9)
Geneviève distribue des vivres aux parisiens
Eglise de la Ste Trinité - Paris (9)
Sainte Geneviève part chercher du blé pour les parisiens affamés<br>Eglise Notre-Dame du Travail - Paris (14)
Sainte Geneviève part chercher du blé pour les parisiens affamés
Eglise Notre-Dame du Travail - Paris (14)

Le Baptême de Clovis

Geneviève avait formé le projet de conduire Clovis au baptême ; elle parlait le moyen haut allemand qui était la langue maternelle de Clovis, ce qui facilitera les choses. Vers 493, au moment où le roi épouse la Catholique Clotilde, Geneviève se liera d’amitié avec elle et l’on pense qu’elles prépareront ensemble la célébration du baptême par l’évêque de Reims, saint Rémi. Plus tard Clovis demandera à être enterré près d’elle, comme l’atteste Grégoire de Tours en 544 dans son « histoire des Francs ».

Geneviève et le mal des ardents

Dès le VIe siècle, Grégoire de Tours signale que des miracles se produisent sur le tombeau de Sainte Geneviève et que des malades y ont été guéris. L’habitude s’est répandue d’invoquer Geneviève contre toutes les maladies épidémiques et les fièvres. Cette réputation vient du miracle des « ardents ». Ce mal a été identifié avec l’ergotisme dû à une consommation de seigle corrompu. Souvent, au Moyen Age, la population parisienne en fut victime. Ainsi en 1130, la maladie aurait causé 14 000 morts.
L’évêque de Senlis obtint le transfert à Notre-Dame du corps de Geneviève : trois malades ayant effleuré la chasse furent instantanément guéris.

Le miracle des ardents - Eglise Saint Roch - Paris (1)
Le miracle des ardents - Eglise Saint Roch - Paris (1)
Eglise Sainte Geneviève des grandes carrières - Paris (18)
Au passage de la chasse de Ste-Geneviève, le mal des ardents est vaincu
Eglise Sainte Geneviève des grandes carrières - Paris (18)

La mort de Sainte Geneviève

« Geneviève s’en alla vers le Seigneur dans une bonne vieillesse, après avoir vécu plus de dix fois huit ans, et elle fut ensevelie dans la paix le 3 janvier », écrit sobrement son biographe. Son corps fut déposé dans un sarcophage de pierre, conservé encore à Saint-Etienne-du-Mont, dans un tombeau que Clovis avait préparé pour sa propre famille. Dès la seconde moitié du VIe siècle, l’on célébrait, dans le royaume franc, la messe de sainte Geneviève à cette date.

Eglise Saint Laurent - Paris (10)
Eglise Saint Laurent - Paris (10)
Translation des reliques de Ste Geneviève<br>Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)
Translation des reliques de Ste Geneviève
Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)
Chasse de Ste Geneviève<br>Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)
Chasse de Ste Geneviève
Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)
Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)

Représentation

Jusqu'au XVIe siècle, Geneviève est représentée vêtue d'une robe de jeune fille noble, tenant à la main un cierge qu'un démon essaie d'éteindre (en souvenir de la construction de la première basilique de Saint-Denis, dont elle visitait le chantier, de nuit, avec ses compagnons. Alors que le cierge que tient l'un deux s'éteint brusquement, elle le prend en main et il se rallume miraculeusement).
À la fin du XVIe siècle, elle est représentée en jeune bergère entourée de moutons, peut-être par confusion avec Jeanne d'Arc et les représentations de vierges pastourelles
Elle a pour attributs : Agneau, ange, diable, cierge, médaille crucifère, soufflet.

Eglise Saint Privat - Saint-Privé 89
Eglise Saint Privat - Saint-Privé 89

Geneviève est la patronne des bergères, des chapeliers, des fabricants de cierges, des tapissiers. Elle était invoquée pour expulser les démons installés dans le corps des femmes ! C’est au titre de « gardiens de l’ordre public » que les gendarmes peuvent la revendiquer comme patronne.
Geneviève est fêtée le 3 janvier.

Eglise Sainte Geneviève - La Chapelle-la-Reine 77
Eglise Sainte Geneviève - La Chapelle-la-Reine 77
Eglise Sainte Geneviève
La Chapelle-la-Reine 77
Eglise Sainte Geneviève - La Chapelle-la-Reine 77
Chapelle du Lycée henri IV - Paris (5)
Chapelle du Lycée henri IV
Paris (5)
Eglise St Nicolas des Champs - Paris (3)
Eglise St Nicolas des Champs
Paris (3)
Musée - Reims 51
Musée - Reims 51
Cathédrale N.D. et St Arnoux - Gap 05
Cathédrale N.D. et St Arnoux
Gap 05
Eglise Saint Louis en l'Ile - Paris (4)
Eglise Saint Louis en l'Ile
Paris (4)
Eglise Notre-Dame - Versailles 78
Eglise Notre-Dame
Versailles 78
Eglise St Etienne du Mont - Paris (5)
Eglise St Etienne du Mont
Paris (5)
Eglise St Pierre de Montrouge - Paris (14)
Eglise St Pierre de Montrouge
Paris (14)
Eglise Sainte Croix - Bray-sur-Seine 77
Eglise Sainte Croix
Bray-sur-Seine 77

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Eglise Saint Roch - Paris (1)
Eglise Saint Roch
Paris (1)
Eglise Saint Loup - Bléneau 89
Eglise Saint Loup
Bléneau 89
Eglise Notre-Dame - Versailles 78
Eglise Notre-Dame
Versailles 78

créé le 25/11/2018

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