La cathédrale de la Sainte-Trinité trouve ses origines au 11e siècle, lorsque les moines de l'abbaye de la Couture du Mans fondent une chapelle paroissiale vers 1070. Ce premier édifice de petite taille, est construit à l'intérieur des remparts de Laval, avec une orientation atypique vers le sud-est en raison de l'exiguïté du terrain. La chapelle devient église paroissiale entre 1150 et 1185, avec des agrandissements marquants, dont l'ajout de voûtes gothiques angevines et la reconstruction du clocher. Un incendie en 1383, déclenché par la foudre, endommage gravement l'édifice.
Au 15e siècle, après les ravages de la guerre de Cent Ans, Laval connaît un essor économique grâce au commerce de toiles. L'église de la Trinité bénéficie de cette prospérité : une sacristie est ajoutée en 1462, un porche en 1465, et le chœur roman est reconstruit en 1482. Le 16e siècle voit l'édifice s'agrandir encore, malgré des contraintes d'espace, avec l'ajout de deux chapelles de style Renaissance entre 1517 et 1541, financées par les paroissiens. Ces chapelles, aux coupoles ovales et portails ornés, contrastent avec le reste de l'église. En 1563, un nouvel incendie détruit la flèche, remplacée par une tour carrée.
La Révolution française épargne partiellement l'édifice, transformé en Temple de la Raison, mais de nombreuses statues sont détruites. Au 19e siècle, des extensions majeures sont réalisées : un bras de transept est ajouté entre 1847 et 1850, et la cathédrale est officiellement érigée en 1855. Des rénovations importantes ont lieu à la fin du 19e siècle, dont la reconstruction de la façade sud et la surélévation du clocher en 1905. Le début du 20e siècle marque la dernière grande transformation, avec le remplacement des piliers de la croisée du transept par des colonnes en granit, consolidant la structure.
Le retable, du latin tabula altis (en arrière d’autel) est une construction verticale qui porte des décors sculptés, et souvent peints. On y reconnaît les caractéristiques de l’architecte lavallois Pierre Corbineau.
Trois niveaux exposent trois temps de la vie des hommes.
Le premier niveau est celui du temps présent, de l’Eucharistie avec l’autel.
Le deuxième niveau est le temps de la vie du Christ. À gauche, statue de Saint Pierre portant la clé, symbole de son autorité déléguée à l’Église par le Christ. À droite, Saint Jean tenant une lumière et, à ses pieds, l’aigle, son symbole.
Le niveau supérieur symbolise le temps infini. À gauche, le Christ, avec sa croix glorieuse, nous tend la main. À droite, Dieu le Père, à la barbe blanche, bénit l’humanité. Au-dessus, le Saint Esprit, sous forme d’une colombe.
Au centre, s’impose le tableau de Paul Letourneur, allégorie de la Sainte Trinité.
Le peintre a situé la scène dans le palais d’une ville Flamande. Les personnages qui y assistent illustrent la haute société du XVe siècle, avec des hallebardiers et des docteurs coiffés de bonnets.
Sur le volet gauche, Saint jean-Baptiste, vêtu de peau de bête, prêche au désert, entouré de fidèles.
Le volet droit illustre le baptême de Jésus par Jean-Baptiste : c’est l’événement fondateur de la vie publique du Christ
Le panneau central relate le martyre de Jean-Baptiste : Hérode fait décapiter Jean-Baptiste. Le bourreau pose la tête du martyr sur le plateau que lui tend Salomé. Elle le remettra à sa mère que l’on aperçoit au fond du tableau.
Les six tapisseries exposées dans la Nef illustrent le « Livre de Judith«, tirée de l’Ancien Testament. Au IIe siècle avant Jésus-Christ, Nabuchodonosor, roi de Ninive, envoie son général Holopherne pour mener la guerre contre Israël. Présenté comme un tyran sanguinaire à la force invincible, le général assiège la petite ville de Béthulie. Ces tapisseries ont été réalisées dans la 2ème moitié du XVIIe siècle par un atelier de Felletin, le plus ancien atelier d’Aubusson.
4ème tapisserie : Entrevue de Judith et d'Holopherne assis sous sa tente, entouré de ses gardes. Au loin, les remparts de la ville.
le 21 janvier 1794, premier anniversaire de la mort de Louis XVI, quatorze prêtres réfractaires au serment à la constitution civile du clergé, âgés ou malades, n’ont pas pu quitter la France. Emprisonnés au couvent de Patience près des Cordeliers, ils ont été amenés le matin, à pied ou en charrette pour les plus malades, dans la salle où siège le tribunal révolutionnaire. L’accusateur, Volcler, ordonné prêtre en 1790, est particulièrement violent contre le clergé qui a voulu rester fidèle à Rome.
Le jugement des quatorze prêtres est expéditif : pas d’avocat, pas de témoin, une seule peine, la mort. Interrogés individuellement, ils doivent répondre au principal chef d’accusation : le refus du serment à la Constitution civile du clergé. Tout en sachant qu’ils risquent la mort, ils affirment leur foi et refusent de prêter le serment qui les mettrait en rupture avec le pape.